Mensonges.


Journal / mercredi, janvier 23rd, 2019

Aujourd’hui j’ai menti… à ma coiffeuse.
Non pas en répondant au fameux « ça vous plait ? » le tout en tentant de voir à quoi ressemble ma coupe de dos dans le miroir qu’elle tient de travers. (sérieusement ça intéresse qui de savoir à quoi on ressemble de dos…? Y a des gens chez eux qui s’extasient devant le dégradé sur leur nuque en se dévissant la tête devant la glace de la salle de bain ? )

Non j’ai menti lorsqu’elle m’a demandé ce que je faisais dans la vie. Au lieu d’être honnête et de dire tout simplement qu’en ce moment je ne travaillais pas, de ma bouche est sorti un scénario inventé de toutes pièces sur le fait que je travaillais chez moi, je faisais de la déco, du conseil et blablabla…
Et moi pendant ce temps je m’observais dans le miroir en face de moi en pensant « whaaat ?! non mais tu nous fais quoi là… »
Plus tard : « Vous me laisserez des cartes de visite, si ça peut vous aider à être vue ».
Moi : « Euh.. Oui, oui, il faut que j’en refasse faire… »
*facepalm interne* + « franchement arrête, juste tais-toi, tu te fais du mal… »

C’est vrai ça, qu’est-ce-que je fais ? Pourquoi en plus de me mentir à moi même, je mens aussi aux autres ? Qu’est-ce-que ça dit de moi, qu’est-ce-que ça cache ?

J’ai peur, de l’autre, de son jugement, de ce qu’il pense, du coup je n’assume pas les choix que je pose. Et sans ça je ne peux pas être moi à 100%, si je n’ose pas me montrer telle que je suis, je m’empêche d’avancer.
Alors que bon en soi, les autres on s’en fout, mais genre royalement. Je peux faire ce que je veux, écouter mes désirs, poser mes choix, ça ne regarde que moi.
Mais montrer sa vulnérabilité n’est pas chose facile, montrer ses doutes, ses incertitudes, et encore moins aller à contre courant. Dans une société construite autour du mérite et de la réussite professionnelle, oser poser le choix de dire non à une opportunité, stopper son activité pro car on sent au fond de nous qu’elle ne nous correspond pas, nous fait passer pour quelqu’un qui « chipotte », qui ne fait pas d’effort, voire de feignant.
On devrait prendre sur nous, se secouer un peu.
Sauf qu’on prend déjà sur nous de supporter ça jusqu’à se rendre enfin compte qu’on n’en veut plus dans notre vie, et justement on se secoue et on fait l’effort de renoncer à la facilité de faire avec ce qu’on a. On choisit d’aller creuser là où ça fait mal, là où c’est moche, pour enlever la crasse dont on s’est recouvert et enfin raviver les couleurs.

J’ai fait ce choix là, de croire que je pouvais aspirer à encore mieux. En réveillant cette part de moi que j’ai fait taire trop souvent, en allant chercher mes vraies envies, mes vrais désirs.
Pas ceux que je me raconte, ni ceux qui rendent bien sur le papier ou qui font plaisir aux autres.
J’ai donné, merci bien.
Et à part tourner en rond, m’enliser dans l’ennui et les sentiments négatifs à mon sujet ça n’a pas abouti à grand chose.Non

Je ne sais pas à quoi la suite va ressembler, ce qui va se passer, ni même si je ne suis pas encore en train de me raconter des histoires et de fuir dans la mauvaise direction. Mais tant pis, le choix est fait, je m’y tiens et j’y crois.
D’un façon ou d’une autre je sais que tout va bien se passer, que je vais là où je dois aller.

Du coup nouveau départ, page blanche, branchement à moi-même en cours.


(photo : souvenirs de mon dernier séjour en Espagne, retour aux sources / en bonus une symbolique presque trop facile ^^’)

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