Le choix de la solitude.


Journal / vendredi, janvier 25th, 2019

Aujourd’hui je suis partie marcher, seule.
Fait suffisament rare pour être mentionné.
Et c’était plutôt bien.

Je suis une personne assez solitaire, donc passer du temps seule ne me dérange pas. En revanche pratiquer une activité que j’ai généralement l’habitude de faire en compagnie de quelqu’un me demande un certain effort.
Je peux lire pendant des heures, binge watcher des séries sur Netflix, ou vivre ma vie seule chez moi pendant plusieurs jours lorsque Mr. est absent sans me poser de questions. Mais me consacrer du temps, faire du yoga, aller marcher, juste faire quelque chose pour moi est compliqué.

En fait le plus souvent, lorsque je me retrouve seule ça n’est pas de mon propre chef. L’autre s’absente pour un temps donné, une part de moi sait qu’il sera de retour après un certain laps de temps.
Là est toute la différence, car dans les exemples cités ci-dessus (yoga, ballade…) je choisis de me retrouver seule, et je choisis quand cette solitude s’arrête. Je me place volontairement dans une position où je me retrouve face à moi-même et donc où je m’autorise à vivre quelque chose pour moi.
Et à chaque fois que je m’y essaye, j’ai cette sensation de le faire dans l’urgence, sans me laisser l’occasion de prendre le temps, comme si je devais rester disponible pour l’autre.
Une part de moi a intégré le fait que je ne dois/peux pas faire ce dont j’ai envie, juste pour moi. Et encore moins y prendre du plaisir.

Du coup ce matin j’ai décidé, d’aller marcher, il faisait beau, il avait neigé, je savais que le paysage et la vue seraient au rendez-vous. Ce qui s’est avéré vrai, pourtant tout au long de cette longue ballade d’au moins 3h, c’est un peu comme si je n’avais pas été là à 100%.
J’étais contente d’avoir atteint mon objectif, à savoir monter jusqu’au col et revenir mais je n’ai pas eu l’impression de profiter de ce moment, d’apprécier le calme et le décor autour, savourer le soleil…

Ma tête était ailleurs, à contrôler l’heure, à penser à après, en aucun je n’étais dans le moment présent.
Je songeais à prendre une photo et me disais « mmh non après… en revenant ». Au final je ne peux même pas vraiment dire que ça m’a plu car je ne me suis pas laisser l’occasion de ressentir ce que ce moment me procurait. Et je me rends compte que des situations comme celle-ci j’en laisse beaucoup trop se produire.
Je ne m’autorise pas à recevoir de plaisir, de joie, de moment de bien être. Je vis les choses sans faire attention, sans en profiter, sans émotions.

Aujourd’hui je ressens de plus en plus cette distance entre moi et ce que j’expérimente. Je vois là où je m’interdis de me choisir, de me faire passer en premier.

Aujourd’hui je prends donc la décision de faire plus attention à moi, d’oser plus, de me choisir plus souvent.
C’est une attention de chaque instant, afin d’écouter cette petite voix qui essaye de me guider, de lui faire confiance et de ne pas lui dire « oui oui peut être plus tard ».
Je sais que je l’ai fait taire bien trop souvent (depuis toujours ?) et je perçois aujourd’hui à quel point cela me joue des tours. Je suis comme anesthésiée de l’intérieur, je ne n’identifie plus clairement mes envies, et faire de vrais choix est un réel challenge.

Mais je sais que je suis sur la bonne voie, je perçois déjà quelques changements, de petites choses se réalignent.
Je vous dirais comment tout ça évolue. ^^



(photo prises par moi-même : couverture > petit bâton en quête d’aventure / photo de l’article > Col de Vars )

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